PSYCHANALYSE EN EXTENSION PRESENTE

Le symptôme sexuel comme marqueur de la singularité
Limite irréductible à l’emprise de la norme sociale

Séminaire de Pierre Marie
2020 - 2021
2ème mardi du mois de 21h à 23h à partir du 13 octobre 2020

Pierre Marie

13 octobre 2020 - 30 juin 2021

ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE 45, rue d’Ulm Salle Cavaillès 7505 Paris

Programme

Introduction

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On le sait, la philosophie s’est toujours gardée d’aborder le singulier et ce n’est pas par hasard qu’elle s’est toujours gardée d’aborder le sexuel comme en témoigne Platon dans Phèdre et il sera suivi à la lettre si l’on excepte Montaigne bien sûr, mais aussi Sade et Bataille, voire récemment Foucault et surtout Deleuze, et cela à la différence de la littérature qui en fait le cœur de son propos et c’est à ce titre qu’elle trouble, voire qu’elle suscite la censure si ce n’est la répression.

Or, le sexuel est aussi le cœur de la psychanalyse, voire son principe de raison suffisante : il n’y a nulle autre raison à s’engager dans une psychanalyse, non qu’on n’y vienne pour y évoquer ses turpitudes ou ses réticences, mais pour y dire/y découvrir l’impossibilité de se dérober à son symptôme dans la rencontre sexuelle puisqu’il y signe ce qui nous y constitue.

Et c’est comme ça depuis toujours. Avant même Freud. Si au Ve siècle, les Tragiques exposent déjà les vertus cathartiques de la parole pour exprimer les contrariétés du désir qu’Antiphon met en pratique au même moment avec ses patients à Corinthe, Marguerite de Navarre dans l’Heptaméron fait part de son aspiration à une « parole non contrainte » pour dire ce qui inaudible à beaucoup mais « mène les gens à la mort » de ne pas le dire et Michel de Montaigne confie qu’il écrit spontanément les pensées qui surgissent à défaut de n’avoir pas trouvé « quelqu’un à qui parler ».

Comment dire à tous, c’est le propos de la 62ème nouvelle de l’Heptaméron, qu’une femme mariée qui a subi un viol y a découvert aussi, stupéfaite, un plaisir inconnu ? Marguerite sait qu’elle défie ainsi tous les adeptes d’une morale des mœurs et tout appareillement politique des sexes, Charles Fourier lui-même envisageant la relation sexuelle, serait-elle éphémère, comme l’union consentie d’un homme et d’une femme.

Le sexuel, c’est la surprise de la rencontre inattendue où nul ne sait par avance ce qui viendra convoquer son désir et y susciter son symptôme. Plutarque dans son Érotikos met en scène une femme âgée s’éprenant contre son gré d’un jeune homme qu’elle enlève. Catulle à son corps défendant est le jouet de Juventius comme de Lesbie et ne peut se dérober ni à l’un ni à l’autre. Ovide, grand séducteur, est marri de se découvrir impuissant dès qu’il aime (Élégie 7, Amours III). Et ne parlons pas des éjaculations précoces répétées de Montaigne qui le rendent fou.

Par ces temps nouveaux où certains, trans, gays et lesbiennes, s’autorisent à exprimer leur symptôme envers et contre toute norme, il convient d’interroger à nouveau la singularité du sexuel à laquelle nul n’échappe quand bien même serait-il conforté par ce qu’on appelle depuis un siècle son hétérosexualité.

Billeterie